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(Speech of our Secretary General on the Conference: 'Il volo del colibri')
« Une communauté Internationale solidaire et unie: Elément clé dans la lutte contre la faim et la pauvreté ».
« Madame la Présidente,
Mesdames, Messieurs,
Je tiens tout d’abord à remercier le Centre Pio Manzù pour son invitation à cette conférence internationale, qui, permettra, j’en suis certain, d’établir des constats et de dégager des pistes pour l’avenir. En ma qualité de Secrétaire Général, j’ai l’honneur d’être parmi vous aujourd’hui afin de représenter la Présidente de l’AMADE Mondiale, Son Altesse Royale la Princesse de Hanovre.
Laissez moi vous présenter en quelques mots notre association.
Fondée en 1963 par la Princesse Grace de Monaco, l’Association Mondiale des Amis de l’Enfance (AMADE Mondiale) est présidée depuis bientôt 15 ans par Son Altesse Royale la Princesse de Hanovre.
45 ans… Cela fait presque 45 ans que notre association développe et met en place sur le terrain un ensemble de programmes humanitaires à destination des enfants les plus nécessiteux de par le monde. Education, nutrition, santé, protection des droits de l’enfant et bien-être sont les maîtres mots de notre cause. C’est grâce à un réseau d’antennes nationales en Afrique, en Amérique du Sud, en Asie et en Europe ainsi qu’à des partenaires ponctuels, que nous essayons d’être présent partout où les enfants sont frappés par la pauvreté, l’exploitation, la guerre, la violence, le sida et la malnutrition.
J’espère que ces quelques phrases auront pu vous éclairer sur notre mission.
De même, c’est en ma qualité de Consul de la Principauté de Monaco en Afrique du Sud que je souhaiterais vous faire part de certains programmes développés par le Gouvernement Princier dans le cadre de la coopération internationale.
Avant d’entrer dans le « vif du sujet », il me semble nécessaire de saluer le formidable travail de l’Organisation des Nations Unies en faveur des populations les plus démunies dans le monde entier. L’établissement des Objectifs du Millénaire pour le Développement a notamment contribué à éveiller progressivement la conscience sociale sur les réalités auxquelles des millions de personnes sont confrontées chaque jour dans les régions les moins favorisées de notre planète ; De même, ceci a permit l’encadrement des activités des différents organismes nationaux et internationaux, publiques et privés, vers les mêmes objectifs et priorités.
A ce jour, les résultats attendus n’ont pas encore été atteints. Cependant, ceci ne doit pas nous décourager, mais au contraire nous donner la détermination nécessaire pour poursuivre avec plus d’enthousiasme, de motivation et de force notre lutte pour l’accomplissement des OMD. Comme nous le savons, le problème de la famine existe malheureusement depuis des siècles. De nos jours, selon la FAO 843 millions de personnes dans le monde continuent d’être victimes de la faim et de l’extrême pauvreté. Ce chiffre est tout simplement alarmant !!! C’est une des raisons pour laquelle nous sommes réunis aujourd’hui.
L’extrême pauvreté et la famine sont deux difficultés qui ne peuvent être traitées séparément.
Pour l’AMADE Mondiale ces deux problématiques nous touchent fortement puisque les enfants sont les principales victimes de ce mal. Selon l’UNICEF toutes les 3,6 secondes une personne meurt de faim dans le monde et c’est généralement un enfant de moins de cinq ans !
La faim et la pauvreté revêtent plusieurs visages et sont la source de graves problèmes tels que les maladies, l’analphabétisme, l’exploitation infantile, la migration vers les zones urbaines, la malnutrition, etc. Ces difficultés sont bien sûr présentes dans certains pays riches mais elles « explosent » véritablement dans les pays en développement, spécialement dans les zones rurales.
A ce sujet, nous pouvons noter qu’au sein d’un même pays, il existe une disparité très prononcée entre les conditions de vie des populations urbaines et celles des populations rurales. Depuis des décennies les gouvernements des pays en développement ont favorisé le développement industriel au détriment des activités agricoles. Ceci, additionné aux pratiques de gouvernement centralisé, a provoqué l’apparition d’une population rurale privée d’accès à la santé, à l’éducation voire à la sécurité alimentaire.
Néanmoins, il faut reconnaître qu’il ne s’agit pas uniquement d’un problème de disponibilité des ressources alimentaires mais aussi de l’utilisation des aliments et du manque de diversité dans le régime alimentaire.
Il se peut qu’un enfant ne souffrant pas de faim, se trouve dans un état de malnutrition sévère ou modérée. Une mauvaise nutrition peut entraîner un affaiblissement du système immunitaire, une sensibilité accrue aux maladies, un retard dans le développement physique et mental. Les maladies évitables par la vaccination, les maladies gastro-intestinales et les infections respiratoires figurent parmi les principales causes de mortalité infantile.
De part notre expérience d’ONG, nous avons pu constater que la famine et la pauvreté affectent principalement les enfants et les populations rurales. Il est donc essentiel de concentrer nos actions à ce niveau.
En ce sens, je vais vous présenter les différentes actions que l’AMADE a mis en place dans ces domaines.
Durant 5 ans, de 1997 à 2002, l'AMADE a développé un programme conjoint avec l'UNICEF pour distribuer de la vitamine A aux enfants, de façon à prévenir l'apparition de xérophtalmie et de cécité nutritionnelle, causées par les carences en vitamine.
Au cours de la période couverte par ce projet, l'AMADE, en partenariat avec l’UNICEF a contribué à aider un total de 7 millions d'enfants âgés de 6 mois à 5 ans, dans leur combat contre l'avitaminose, au Bénin, Cameroun, Mali, Mauritanie et Niger.
En mai 2005, les Nations Unies ont lancé un appel à l’aide internationale suite à la crise alimentaire qui touchait gravement le Niger. Afin de venir en aide aux enfants nigériens, fortement atteints par celle-ci, l’AMADE Mondiale en collaboration avec le Gouvernement Monégasque a contribué à l’achat de quatre tonnes d’aliments thérapeutiques (plumpy nut), trois tonnes de farine enrichie à destination des enfants malnutris ainsi que 1000 moustiquaires imprégnées et des médicaments nécessaires à la lutte contre le paludisme.
Cette action a permis de soulager plus de 1000 enfants nigériens de la région de Maradi.
Selon le rapport de notre antenne nationale au Cambodge, le taux de mortalité dans ce pays figure parmi les plus élevés de toute l’Asie chez les nourrissons et les moins de 5 ans.
45% des enfants cambodgiens montrent des signes de retard de croissance modéré ou sévère. Dans une enquête menée dans 13 des 20 provinces au Cambodge, on trouve que le taux global d’anémie chez les enfants de 6 à 9 mois est extrêmement élevé. (82%)
Afin d’atténuer les terribles effets de la pauvreté au Cambodge, l’AMADE soutient 5 écoles à tous vents, depuis 2004. Les "Ecoles à tous vents" sont des lieux improvisés où se trouvent en permanence un ou deux enseignants ainsi qu'une personne qualifiée en soins primaires de santé. Ces écoles permettent à 420 enfants cambodgiens dans des situations vulnérables de venir apprendre à lire, à écrire, à calculer, et d'être suivis sur le plan nutritionnel et éducatif.
Pour l’année 2008, l’AMADE Cambodge prévoit la mise en place d’une école d’éducation primaire formelle qui soutiendra 300 enfants appartenant à une communauté déplacée en leur offrant le matériel scolaire nécessaire, les uniformes, mais surtout un repas chaud avant les cours, contenant des vitamines, éléments indispensables pour leur croissance et leur capacité d’apprentissage.
En République Démocratique du Congo, l’AMADE a développé un programme de réhabilitation nutritionnelle pour les enfants souffrant de malnutrition sévère et modérée.
De même, une école à tous vents a été établie en RDC, au bénéfice de188 enfants en situation vulnérable.
Aux Philippines, dans le cadre de nos programmes à long terme, l’AMADE apporte son soutien au programme « Mother and child ». Ce programme accueille des jeunes filles victimes d’abus sexuels, sur le point d’accoucher mais également leurs bébés ou de très jeunes enfants qui ont été abandonnés. Une alimentation équilibrée leur est fournie ainsi que des soins médicaux nécessaires pour le bon développement des mères et des enfants.
Au Burundi, la contribution de l’AMADE a permis d’acheter des denrées alimentaires et des médicaments au bénéfice de 300 enfants pris en charge par notre antenne locale. L’AMADE Burundi s’est fortement investie dans la réhabilitation nutritionnelle pour les enfants mal nourris, mettant en place des cantines humanitaires dans les localités de Gitega et Bujumbura.
Les actions de l’AMADE en faveur de l’enfance ne se limitent pas aux pays dans lesquels une antenne nationale est implantée. Nous apportons notre soutien aux quatre coins de monde, là où le besoin se trouve, à travers des partenariats avec des ONG locales.
Ainsi, en partenariat avec l’association française Santé Sud le programme de santé « Mère-Enfant » centré sur la lutte contre la mortalité et la morbidité sévère de la mère et du petit enfant dans la région de Néma a été mis en place en Mauritanie.
Au Soudan où la guerre cause de nombreux ravages depuis des décennies, l’AMADE en collaboration avec l’ONG « Les Amis de l’Enfance », soutient le programme d’aide aux enfants des rues de Khartoum mis en place en 1986 par la Société Saint Vincent de Paul et sœur Emmanuelle, offrant à ces enfants un environnement stable et chaleureux leur permettant de surmonter leur passé dans la rue.
Comme je l’ai évoqué plus haut, le Gouvernement monégasque s’investit énormément dans le financement et la mise en œuvre de programmes humanitaires à travers le monde. Dans le domaine de la faim, nous pouvons citer deux exemples de leurs actions :
Burkina Faso : Lutte contre la malnutrition et prévention de la maladie du Noma : La région sahélienne du nord du Burkina Faso est particulièrement touchée par la pauvreté. Les enfants de moins de 5 ans, les plus vulnérables, sont particulièrement affectés par la malnutrition provoquant des taux de mortalité de 25%.
Ces enfants souffrent de retard de croissance, d’une diminution des capacités intellectuelles, d’une baisse des défenses immunitaires, de diarrhées et d’infections respiratoires.
D’autre part, la malnutrition et le manque d’hygiène favorisent l’apparition de maladie du noma. Le noma est une affection bucco-dentaire qui apparaît au niveau des gencives et s’étend sous la forme de gangrène à toute la mâchoire et aux joues. En l’absence de traitement, l’enfant est progressivement mutilé et condamné à une mort certaine. Afin de prévenir l’apparition de cette maladie, le Gouvernement monégasque met en œuvre depuis 2004, en partenariat avec l’Association Enfants du Monde, un programme de nutrition destiné aux enfants présentant des signes précurseurs de malnutrition par la distribution de compléments alimentaires et de formations sur l’hygiène. Chaque enfant reçoit quotidiennement 10 grammes d’extrait foliaires de luzerne. La luzerne est, parmi les légumineuses, la plante qui fournit le plus de protéines brutes à l’hectare (4 fois plus que le blé). Utilisés en complément alimentaire, ces extraits foliaires apportent protéines, vitamine A, fer, calcium, magnésium, et acide folique. Il suffit de 10 grammes d’extrait foliaire par jour dans les rations carencées pour modifier très favorablement la croissance et la santé des personnes touchées par la malnutrition. De plus, chez la femme enceinte, elle favorise l’augmentation du poids à la naissance des nouveaux-nés et la lactation .
Malawi (Distribution de vivres) : L’Afrique Australe (Mozambique, Namibie, Swaziland, Lesotho, Zambie et Zimbabwe), et plus particulièrement le Malawi, a connu ses pires récoltes depuis 1994. Les pénuries alimentaires se sont ajoutées aux difficultés que connait déjà la région, parmi lesquelles le VIH/SIDA et la pauvreté chronique. Au Malawi ce sont ainsi 4,2 millions de personnes qui ont été touchées par la famine sur une population d’environ 12 millions et dont le taux de prévalence au VIH/SIDA est très élevé (12%).
La Principauté de Monaco a versé la somme de 30.000 euros au Programme Alimentaire Mondial pour l’achat et la distribution de céréales aux enfants et adultes victimes de malnutrition et de sous alimentation .
J’ai tenu à présenter ces différents exemples d’action afin de partager avec vous le potentiel des ONG et les synergies possibles avec les gouvernements dans la lutte contre la faim et pauvreté.
Les ONG ont la volonté, les ressources et les réseaux nécessaires pour assister les Etats et les organismes gouvernementaux internationaux dans leur lutte contre la faim et la pauvreté.
Une étroite collaboration entre les organismes internationaux, les gouvernements nationaux et les ONG peut créer un impact encore plus fort dans ce domaine.
Nous devons rassembler la diversité de nos compétences et tendre vers un seul objectif, un monde meilleur pour nos enfants et nos futures générations. Ceci ne pourra s’accomplir qu’avec la réalisation des Objectifs du Millénaire.
Lors de mon exposé sur les activités de l’AMADE, je suis sur que vous avez pu constater que il est extrêmement difficile d’essayer d’atteindre l’ODM 1 sans passer par l’accomplissement des 7 autres ODM. La santé (ODM 4,5 et 6), l’éducation (ODM 2), l’autonomisation des femmes (ODM 3) et la promotion d’un développement durable (ODM 7 et 8) sont des éléments indispensables pour la réussite du premier objectif : la réduction l’extrême pauvreté et la famine.
Je vous invite à observer les chiffres dans le passé. En 1972, 35% de personnes dans le monde souffrait de faim, dans les années 90’s ce pourcentage fut réduit à 17% . Bien qu’il reste énormément d’efforts à fournir, ces chiffres devraient nous encourager à poursuivre dans cette voie.
Ainsi, je considère que le problème de la faim dans le monde, n’est pas uniquement un problème de manque de ressources, c’est aussi une question de volonté politique, de communication, de coopération et de mobilisation de la conscience sociale au niveau mondiale.
Je voudrais attirer votre attention sur la vision de M. Georges McGovern, ancien Ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, dans article intitulé « Le coût réel de la faim ». Dans ce document, M. McGovern exprime sa confiance en notre capacité pour éradiquer la faim à travers le monde. Selon lui, nous possédons les ressources nécessaires pour mettre fin à ce fléau .
Ainsi, l’auteur affirme que pour la communauté internationale, le coût de la faim est plus élevé que celui de l’éradication. Constat tout à fait logique si l’on prend en compte les dépenses engagées par les Etats pour le rétablissement de la santé de leurs populations, mais aussi en terme de perte de vie productive.
L’éradication de la faim et de l’extrême pauvreté est entre nos mains. Lors de cette conférence internationale, le nombre de colibris rassemblés peut faire la différence…
Je vous remercie pour votre attention. »
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