REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO : PRISE EN CHARGE ET REINSERTION DE JEUNES FILLES DES RUES



Fiche de projet

Objectif :
- Contribuer à la réinsertion sociale durable de 47 jeunes filles des rues de Kinshasa
- Participer à leur prise en charge et assurer leur accès à l'éducation

Durée : 2013-2014

  Bénéficiaires :
47 jeunes filles des rues âgées de 9 à 22 ans

Budget : 25 000 Euros

Partenaire :
Centre Vivre et Travailler Autrement



Contexte

Dans un pays où 87 % de la population vit avec moins de 2 $ par jour, on estime aujourd’hui à plus de 20 000 le nombre d’enfants vivant dans les rues de Kinshasa – exposés à l'extrême pauvreté, à la maladie, à la malnutrition, ainsi qu'à l'insécurité et aux violences de toutes sortes.

Une situation préoccupante qui s'explique en partie par la dégradation de la situation économique du pays et la recrudescence des conflits armés, dont les enfants demeurent les premières victimes. Orphelins, abandonnés ou contraints de travailler dans la rue, ces enfants n'ont accès ni aux soins ni à l'éducation.

Le nombre croissant d’enfants trouvant refuge dans les rues de la capitale congolaise s’explique également par l’expansion du phénomène des enfants-sorciers. La pauvreté, l’absence de services de base, la maladie, la perte d’un emploi, le décès d’un proche… sont autant de raisons pour lesquelles de nombreuses familles accusent leurs propres enfants de sorcellerie et de pacte avec le démon.

Profondément ancrée dans les mentalités, cette croyance dénote avant tout la peur que les parents en viennent à éprouver envers leurs propres enfants, qu’ils jugent responsables de la situation dans laquelle ils se trouvent et des difficultés qu’ils doivent surmonter. Les « enfants-sorciers » perdent leur statut d’enfant : ils deviennent des démons, des esprits malfaisants, qui sont dangereux pour leur entourage et pratiquent le cannibalisme...

Les enfants vivent ainsi dans un climat de peur et de méfiance, dans une situation si pénible que la rue et ses dangers deviennent une alternative préférable pour eux. Certains d’entre eux en viennent à assumer et revendiquer ce statut de sorciers, dont ils usent comme d’une menace pour garantir leur sécurité et reprendre le contrôle de leur vie. Affirmer être un sorcier et se nourrir de chair humaine constitue pour eux une échappatoire au quotidien de la rue et à ses dangers.

Parmi les enfants en situation de rue, plus de la moitié sont des jeunes filles âgées de 9 à 17 ans, contraintes de se prostituer pour survivre. Ces jeunes filles présentent un état de vulnérabilité générale : à la fois morale, affective, psychologique, physique ou bien encore alimentaire et éducative.

De nombreuses associations locales luttent jour après jour pour combattre ce phénomène. Fondé à la fin des années 1990, le Réseau des Educateurs des Enfants et Jeunes de la Rue (REEJER) coordonne ainsi, avec l’appui d’Auteuil International, partenaire de l’AMADE Mondiale, plus de 160 structures actives auprès des enfants des rues de Kinshasa. Leurs activités comprennent la sensibilisation du grand public, le plaidoyer auprès des autorités locales, la prévention et la médiation auprès des familles, la prise en charge sociale (éducation, santé) et la réinsertion socio-professionnelle des enfants.

Parmi ces mouvements locaux, l’AMADE Mondiale a décidé d’apporter son soutien au centre Vivre et Travailler Autrement (VTA) qui assure l’accueil, la prise en charge et la réinsertion familiale et professionnelle des jeunes filles de la rue en situation de grande détresse. L’investissement de l’AMADE Mondiale auprès de ces acteurs locaux fait suite au déplacement de S.A.R. la Princesse de Hanovre à Kinshasa en juin dernier, au cours duquel la Présidente de l’AMADE Mondiale a rencontré les responsables de plusieurs structures dédiées à la prise en charge des enfants de la rue, et a pu partager quelques instants privilégiés avec les enfants bénéficiaires.
 

Activités et résultats attendus

Les jeunes filles recueillies par le Centre reçoivent une prise en charge globale qui recouvre l'hébergement, les soins médicaux, ainsi que des cours d'alphabétisation et de mise à niveau leur permettant ensuite d'intégrer le cursus scolaire classique.

Le Centre VTA accorde notamment une place prépondérante à la sécurité alimentaire de ces bénéficiaires. A leur arrivée, les jeunes filles présentent souvent un état de malnutrition et d'affaiblissement avancé, fréquemment accompagné de retards de croissance et de carences.

L'aide de l'AMADE Mondiale porte ainsi sur la fourniture d'une alimentation saine et équilibrée pour 30 jeunes filles du Centre, par l'achat d'aliments répondant à leurs besoins spécifiques. Un suivi de leur état nutritionnel sera régulièrement effectué.

L'AMADE Mondiale appuie également l'accès à l'éducation de 17 jeunes filles réinsérées auprès de leurs familles. Agées de 12 à 22 ans, ces jeunes filles ont réintégré leur foyer mais risquent d'être à nouveau en situation de déscolarisation - leurs familles n'étant pas en mesure de supporter ce coût. Le projet s'assure donc qu'elles puissent poursuivre leur scolarité au-delà de leur hébergement au sein du Centre. En ce sens, l'éducatrice du Centre effectue un suivi scolaire auprès des familles et de l'établissement scolaire, en contact permanent avec les enseignants.



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