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"La Terre est notre mère et ils l'ont assassinée". La femme qui parle est Vietnamienne. Ceux dont elle parle sont les pilotes de l'US Air Force qui, entre 1961 et 1971, ont littéralement couvert le Sud-Vietnam de défoliants, afin de localiser "l'ennemi invisible" vietcong.
Nous sommes aujourd'hui en présence de la troisième génération de victimes d'empoisonnement à la dioxine, cette substance toxique qui s'est infiltrée dans la terre d'Indochine, de Cochinchine et d'Annam, détruisant la flore et la faune, et qui continue de donner naissance à des enfants souffrant de sérieuses malformations. Enfants et petits-enfants de peuples ruraux, femmes, soldats et civils indistinctement, tous meurent après de longues souffrances de cancers dûs aux substances toxiques répandues dans les cieux du Sud-Est asiatique, pour retomber en bruine dans les vies de ses habitants.
"Le meurtre de notre Mère la Terre" ne laisse pas les pacifistes indifférents. Ils ont combattu pour cette cause pendant 30 ans. En mars dernier, ils se sont rencontrés à Paris dans la salle Clémenceau au Sénat, que la France a généreusement offerte en signe de digne bienvenue.
Les participants sont venus du Vietnam, des pays d'Europe conscients du problème, des Etats-Unis et du Canada ; témoins, spécialistes, médecins, juristes, historiens, journalistes, tous sont venus pour témoigner et chercher des solutions à ces "crimes de guerre", comme certains n' hésitent pas à les appeler.
Comment obtenir gain de cause ? C'est une grande question. Les victimes vietnamiennes ont essayé d'intenter une action en justice contre les fabricants de ces substances mortelles, qui continuent d'empoisonner la terre et le corps de tant d'enfants, transformant un acte d'amour tel que l'allaitement en condamnation à mort. Leur action a été rejetée par les tribunaux américains. Il est inimaginable, au moins d'un point de vue légal, d'obtenir condamnation du gouvernement de l'armée américaine. Les plaignants se sont pourvus en appel. Mais il reste peu de chances.
Plusieurs participants ont souligné la nature multiple de ce problème. Même si leur expérience est vaste, est-il nécessaire de souligner que le problème est "irréversible", plutôt que d'examiner ce qui peut et doit être fait sur le court et le long terme ?
C'est au regard de ce sujet que l'AMADE Mondiale s'est investie "par la voix de son Vice-Président".
En relevant qu'hommes et femmes donnaient de leur temps pour s'impliquer. C'est sur le terrain que ce crime a été perpétré, c'est sur le terrain que nous devons agir. Devons-nous continuer à gaspiller de l'argent pour financer des études quand nous ne savons pas si elles sont nécessaires ? La recherche juridique et scientifique a bien entendu sa valeur et ses résultats apportent beaucoup aux recherches entreprises dans les 30 dernières années, qui représentent une richesse de savoir et d'information.
Pour l'AMADE toutefois, le plus grand problème est de parvenir à atteindre et à aider ceux de Cochinchine, dans la région de Thayninm, Ben Hoa et Annam, sur les hauts plateaux situés à la frontière du Laos, qui travaillent dans des centres de santé et des écoles pour améliorer la vie des enfants nés sans bras ou jambes, avec des malformations faciales, et souffrant parfois de troubles neurologiques.
Les missions de recensement des victimes de la dernière génération sont extrêmement difficiles à entreprendre. Dans les zones rurales et au sein des ethnies minoritaires, la naissance de bébés malformés n'est pas déclarée. Dans certains villages et même dans certaines villes, on pense que les bébés portent la responsabilité des mauvaises actions de leurs ancêtres.
En outre, l'action entreprise par l'AMADE dans le cadre du programme "Crimes contre l'enfant, crilmes contre l'humanité" pourrait aider le processus judiciaire.
L'idée d'une collaboration "sur le terrain"a été bien accueillie par tous.
L'action personnelle entreprise par la Présidente de l'AMADE, SAR la Princesse de Hanovre, a été mentionnée et applaudie. La réponse du Président des Etats-Unis a été jaugée à sa juste valeur. L'Assemblée a également compris à quel point le combat pour sauver les enfants des Philippines était similaire à la situation au Vietnam. Beaucoup de délégués vietnamiens ont exprimé leur espoir en faveur d'une alliance qui apporterait une aide directe aux enfants, ceux qui sont nés avec des malformations comme ceux qui auraient pu naitre dans les mêmes conditions.
Parmi eux, se trouvait M. Ngueyn thi Binh, Vice->Président de la République du Vietnam.
Presque 300 personnes ont participé à cette conférence. Une importante délégation vietnamienne, conduite par M. Trinh Ngoc Thai, ex-ambassadeur du Vietnam en France, comprenant M. Dang Vu Minh, Président de l'Académie des Sciences au Vietnam, ainsi que des représentants de l'Association des Victimes de l'Agent Orange, était également à Paris. Plusieurs ONG européennes solidaires du Vietnam ont aussi pris part à la réunion.
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