Contexte

Les enfants sont les principales victimes des croyances liées à l’existence de la sorcellerie, croyances largement répandues en Afrique subsaharienne. A Kinshasa, près de 10 000 jeunes filles en situation de rue sont accusées de sorcellerie. Profondément ancrée dans les mentalités, cette croyance dénote la peur de certains adultes en grande difficulté envers certains de leurs enfants, qu’ils jugent responsables des difficultés qu’ils doivent surmonter. La survie dans ce milieu des plus hostiles passe le plus souvent par la prostitution, ou encore la vente de leur propre enfant.

En 2013, S.A.R. la Princesse de Hanovre effectuait un déplacement en République Démocratique du Congo, l’occasion de rencontrer les responsables du Réseau des Educateurs des Enfants et Jeunes En situation de Rue (REEJER) et de visiter différentes structures de prise en charge des enfants des rues. Parmi ces structures, Elle a rencontré l’équipe et bénéficiaires du Centre Vivre et Travailler Autrement (VTA) qui accompagne les jeunes filles en situation de rue dans leur reconstruction et réinsertion.

De cette rencontre, et particulièrement affectée par le sort réservé aux jeunes filles dites « sorcières », S.A.R. la Princesse de Hanovre a souhaité que l’AMADE puisse prendre une part active à leur protection et accompagner la structure dans son développement.

Activités réalisées

L’appui au Centre VTA permet chaque année à 30 jeunes filles âgées de 8 à 17 ans, en situation de grande vulnérabilité, de bénéficier d’une prise en charge intégrale (hébergement, alimentation, accès à l’école et aux soins). Afin d’accueillir les bénéficiaires dans de meilleures conditions, le centre a fait l’objet de travaux de rénovation.

Les jeunes filles qui ont réintégré leur famille sont soutenues dans leur scolarité de manière à éviter un nouveau décrochage scolaire en raison de la situation économique de leurs parents. Lorsque la réintégration familiale n’est pas possible, les jeunes filles bénéficient d’une formation professionnelle afin de les préparer à être autonomes.

A la suite du besoin exprimé par les équipes du Centre de renforcer leurs compétences vis-à-vis de leur mission auprès des jeunes filles, une mission de partage d’expériences et d’expertises a été conduite en partenariat avec l’association ACAY. Ce renforcement de compétences a donné lieu à l’émission de recommandations en termes de structuration et du développement des approches psychosociales.

Ces recommandations ont donné lieu à l’articulation du concept pédagogique de VTA autour de trois dynamiques établies en fonction de l’âge des jeunes filles accompagnées.

Résultats obtenus

70 jeunes filles sorties de la rue depuis le début du partenariat.

30 jeunes filles bénéficient annuellement d’une prise en charge (logement, éducation, santé) au sein du centre VTA.

48 jeunes filles réinsérées au sein de leur famille sont scolarisées dans les établissements scolaires et universitaires de Kinshasa et 10 jeunes filles suivent une formation professionnelle.

 

Protection

Prise en charge et réinsertion de jeunes filles des rues accusées de sorcellerie

  • République Démocratique Du Congo

    Kinshasa

  • Etat du projet

    Financement alloué

  • Durée

    2013-2020

  • Financement

    142 904 €

  • Bénéficiaires

    30 jeunes filles en résidentiel au sein du Centre VTA

  • Partenaires

    Centre Vivre et Travailler Autrement (VTA)
    Acay Philippines

  • Objectifs

    Accompagner la réinsertion sociale de jeunes filles accusées de sorcellerie

Témoignages